Commentaires de lectrices et un extrait de mon roman

Virginie Ballereau, enseignante en lettres classiques : 

Bonjour Anne-Marie,

j’ai fini « Intrigue chez Virginia Woolf » et j’ai adoré !

J’ai vraiment eu le sentiment d’être également auprès de Virginia Woolf et de retrouver l’atmosphère de ses écrits. L’originalité est totale et le suspens très bien mené.

Franchement, je pense que tu n’auras aucun mal à ce que ton livre rencontre un éditeur. J’ai été interrompue dans ma lecture par des choses que j’avais à mettre en place pour la rentrée, mais sinon, j’aurais lu ton manuscrit d’une traite.

 

Béatrice Vandevenne, écrivaine publique.

Bonjour Anne-Marie,

Cela faisait une éternité que je n’avais pas dévoré un roman en trois jours. J’aime vraiment beaucoup, l’intrigue est bien ficelée, équilibrée.

Tu décris superbement les ambiances, qu’il s’agisse des jardins, de la campagne, de Paris qui s’éveille ou de scones qui sont en train de cuire : tu emmènes ton lecteur où tu veux, d’une façon très efficace.

Je trouve aussi que tu doses subtilement les ingrédients, entre le suspense lié à Bill et Souvaroff, l’histoire d’amour entre Clara et Bill, la tendresse des amitiés de Clara, et le caractère surnaturel de la rencontre avec Virginia Woolf.

Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

 

Centaine Desffossés, une lectrice.

Bonjour Chère Anne Marie,

Je viens juste de finir ton roman et je t’avoue que je suis sous le charme. Peut-être est-ce un bien grand mot, mais c’est la vérité.

Tout d’abord j’adore l’atmosphère et le lieu, ainsi que l’intrigue bien entendu, car les polars sont mes romans favoris. Le tien étant situé en Angleterre c’est le must. J’aime beaucoup les personnages et leurs caractères très bien décrits, ils sont tous si authentiques.

Tu attaches beaucoup d’importance à décrire les choses, les objets, une fleur, un fauteuil… que l’on peut suivre les scènes comme au cinéma, je trouve cela excellent. J’adore !

Tu n’oublies aucun détail et chaque détail à son importance comme dans les romans d’Arthur Conan Doyle.

Je te félicite ! 

“Quelques pages de mon roman Intrigue chez Virginia Woolf

 

La vue du collège St Giles et de ses étudiants amassés en grappes autour du bâtiment de style Régence fit oublier à Clara sa brouille avec Bill et la remit dans l’ambiance du séjour linguistique qui l’avait amenée depuis deux ans à vivre à Lewes. Elle se fraya un chemin parmi cette jeunesse cosmopolite qu’elle avait fréquentée pendant quelques mois, pour atteindre l’une des deux entrées de l’établissement. Elle se dirigea vers le bureau de la secrétaire avec laquelle elle avait sympathisé. Lorsqu’elle poussa la porte capitonnée, Rachel était devant son ordinateur. Les craquements du parquet sous les pas de Clara lui firent lever les yeux de son écran. 

— Hello ! Que me vaut cet honneur ? s’écria une belle blonde plantureuse très maquillée.  

— J’ai besoin de tes services si tu as un instant ! 

— Qu’une minute alors, parce que ce matin, c’est de la folie ! J’ai pas mal de courriers en retard, depuis la mort d’Anastasia, je dois répondre à beaucoup de parents inquiets, certains veulent même qu’on les rembourse.

— C’est justement à ce sujet que je viens te voir. Peux-tu me dire si Anastasia avait une amie proche parmi les étudiants, j’ai besoin de lui poser quelques questions.

— Si tu sais quelque chose à propos de cette fille, je te conseille de te rendre dare-dare à la police ! 

— Non, je ne sais rien, mais je suis en train d’écrire un article sur la prostitution et j’aimerais en apprendre plus sur l’état psychique et l’histoire familiale de ces jeunes femmes qui finissent sur le trottoir, quand elles ne sont pas assassinées comme Anastasia, répondit Clara qui n’en revenait pas d’avoir menti avec autant de facilité. 

— Il paraît que Tamara était sa meilleure amie, elles suivaient les mêmes cours. 

— Te rappelles-tu son nom ? 

— Attends une minute… Après quelques clics à l’aide de sa souris, Rachel annonça : 

— Elle s’appelle « Todorova » ! 

— Et dans quel cours est-elle ?

— Le D, mais en ce moment c’est l’interclasse, elle doit être dehors avec les autres ou au jardin.

Le jardin en question était celui du Royal Pavilion qui se trouvait à côté du collège et dans lequel les étudiants allaient se détendre entre les cours. Certains s’allongeaient par terre au soleil pour une bronzette improvisée, d’autres se désaltéraient au salon de thé, implanté sous de grands arbres avec pour décor de rêve le célèbre palais exotique de style anglo-indien, orné de ses nombreux dômes et clochetons. 

— Merci pour le renseignement !  Au fait, à quoi elle ressemble cette Tamara ?

— Tu ne peux pas la louper elle est rousse comme toi, mais avec des mèches vertes ! Je ne t’ai rien dit, okay ? Je n’aimerais pas avoir d’histoires, précisa Rachel en baissant le ton.

Of course ! Un de ces jours, je t’appelle et on se fait un resto, lui promit Clara avant de s’éloigner vers la sortie. 

Elle resta un instant sur le pas de la porte, afin de mieux repérer la jeune fille. Les étudiants étaient moins nombreux qu’à son arrivée. Alors que tout l’environnement contribuait à leur bien-être, ce jour-là leur inquiétude était palpable. Deux ans auparavant, la vue de ces jeunes venus des quatre coins du monde l’avait réjouie, lui faisant espérer en une humanité moins stupide. Elle était parmi les plus âgées du collège, après un Espagnol de quarante-cinq ans. Pour elle, ce séjour avait été un réel bonheur, un bain de jouvence, dont elle se souviendrait certainement toute sa vie ! Mais là, tout à coup, l’ambiance stimulante et sereine avait laissé place au drame ; l’angoisse se lisait sur les visages juvéniles. Et Clara avait beau regarder de tous les côtés, elle n’aperçut aucune mèche verte à l’horizon. 

Elle descendit le perron, traversa la rue et alla tenter sa chance dans le jardin du Royal Pavilion. Elle revit avec plaisir l’immense palais en arrière-plan, les arbres majestueux, les massifs de fleurs exotiques où se faufilaient des écureuils, le gazon tondu de près et les petites tables blanches du salon de thé en plein air. Tout ici était magique à ses yeux et reflétait the British way of life qui lui plaisait tant. Elle aperçut au loin une fille de dos, à la coiffure en pétard, assise seule à une table, qui correspondait à la description de Rachel. Clara se dirigea vers elle et lui demanda si elle s’appelait Tamara. La jeune fille d’environ vingt-cinq ans hocha la tête. Elle avait de grands yeux tristes qui lui mangeaient le visage. Comme Clara ce jour-là, elle portait un blouson en jean, et on aurait pu croire que ces deux jeunes femmes avaient le même âge.  

— Hello, mon nom est Clara Sainclair, je peux m’asseoir à ta table ? 

Toujours mutique, Tamara fit un autre signe de la tête en guise d’acquiescement. 

— J’ai appris ce qui était arrivé à ton amie Anastasia et j’aimerais en discuter avec toi si tu veux bien.

— Non, je ne veux pas ! répondit Tamara avec un accent russe assez prononcé, tortillant nerveusement une de ses mèches de cheveux entre ses doigts.

— Moi, je pense qu’au contraire ça te ferait du bien d’en parler. 

— T’es qui toi d’abord, pour me dire ce qui me fait du bien ?

— Oh, excuse-moi, mais la mort de ton amie m’a bouleversée. Je suis une ancienne élève de St Giles et je désire faire quelque chose pour que le ou les salauds qui ont fait ça payent un jour ! 

— Les flics sont là pour ça, non ? 

 — À mon petit niveau, j’ai envie d’agir pour faire en sorte d’améliorer la sécurité des étudiantes de ce collège. 

— Et tu comptes t’y prendre comment ? 

— J’ai pratiqué un temps le journalisme en France et mes articles peuvent peut-être sensibiliser l’opinion publique. 

 — T’es un peu cinglée quoi ? 

— Oui, on peut le dire comme ça ! répliqua Clara amusée. 

Tamara esquissa un vague sourire qui encouragea Clara à continuer :

— Alors tu es d’accord pour m’aider ?

Okay, mais dès que je n’ai plus envie de répondre à tes questions, tu me fiches la paix et tu t’en vas !

No problem ! Veux-tu boire ou manger quelque chose, moi je prendrais bien un expresso et toi ?

— Pareil !

Clara se leva pour aller faire la queue au petit pavillon blanc à proximité. À l’intérieur, sur un présentoir à gradins étaient exposés de savoureux gâteaux tels que des rocks, carrot cakes, muffin, scones, servant à accompagner le rituel tea-time. Elle revint s’asseoir auprès de Tamara avec les cafés sur un plateau. Clara, qui ne voulait pas perdre de temps, commença à la questionner.  

— As-tu observé ces derniers jours quelque chose d’inhabituel concernant Anastasia ? 

— Non, pas vraiment !

— T’as-t-elle paru inquiète ?

— Oui un peu, elle m’avait confié que depuis quelques jours elle se sentait suivie, mais elle n’en était pas sûre.

— T’avait-elle parlé d’un certain Serge Souvaroff ?

— Non ! 

— Lui connaissais-tu un petit ami ou une fréquentation louche ?

— je sais qu’elle voyait un type de temps à autre, beaucoup plus vieux qu’elle, je pense dans les quarante, quarante-cinq ans, précisa la gamine avec une grimace.

Clara avala sa salive sans faire de commentaires quant à son âge. Elle désirait rester concentrée et ne voulait surtout pas faire diversion, tant que Tamara répondait à ses questions. Elle but rapidement une gorgée de son expresso et, après avoir sorti de son sac le journal de la veille qu’elle avait racheté, elle le tendit à Tamara.

— Reconnais-tu ces deux hommes ?

— Non !

— Ni l’un ni l’autre, tu es sûre ?

— Je ne les ai jamais vus. Ah, attends ! Il y en a un qui ressemble vaguement à celui qui m’a accostée récemment.

— Lequel ? demanda Clara.

— Celui qui a les cheveux longs, mais ça ne peut pas être lui, mon admirateur les a très courts et porte des lunettes. C’est dingue ce qu’il m’arrive, il veut me faire jouer dans un film ! dit-elle avec un sourire éclatant.

— Et tu crois à ce genre de bobards ?

— Figure-toi que j’ai déjà suivi des cours de théâtre et je pense avoir toutes mes chances en tant que comédienne…

— Je ne mets pas en doute tes talents, mais je me méfie de ces types qui promettent monts et merveilles. Il peut très bien être l’homme recherché par la police, l’interrompit Clara. Si c’est lui, il est très dangereux.

— Qu’est-ce que t’en sais ? Tu le connais ?

— Non, pas personnellement, mais un ami a eu affaire à lui et je t’assure que si c’est bien le même dont on parle, ce n’est pas un tendre, il est capable de tout, même d’assassiner une jeune fille sans défense ! Dans le doute, je te conseille d’arrêter de le voir immédiatement.

— Oh, oh, t’es pas ma mère ! 

— Non, bien sûr, mais dis-toi bien que ces prédateurs ne font aucun sentiment, ce sont des machines à tuer ! Alors méfiance, promets-le-moi ! 

— Je vais réfléchir ! Tu m’as l’air d’en connaître un rayon dans ce domaine.

— J’ai ma meilleure amie qui a été sauvagement assassinée par un type qui lui aussi lui proposait de la faire tourner dans un film ! 

Clara pensa qu’en racontant cette histoire à Tamara, elle aurait plus de chance de la convaincre de rester sur ses gardes. 

Tombé du ciel, un goéland atterrit sur la table voisine de la leur. Après avoir avalé un morceau de gâteau laissé dans une soucoupe, il enfouit sa tête dans une timbale de beurre. Tellement accaparées par leur discussion, Clara et Tamara sursautèrent au bruit sec que firent les pattes de l’oiseau sur la table en fer. Puis, d’un œil amusé, elles regardèrent le volatile audacieux au bec barbouillé qui se délectait. Elles se remirent ensuite à bavarder sans se soucier des gens autour d’elles. Et pourtant, depuis un moment, un homme à deux tables de distance derrière la leur, dissimulé par son journal, les observait discrètement en tendant l’oreille. Vêtu d’une tenue de jogging avec des lunettes de soleil sur son front, il buvait son café.  Il avait l’attitude décontractée d’un touriste, mais l’expression de son visage avait quelque chose de rigide, d’un peu artificiel. Il semblait tout particulièrement intéressé par Clara.

 

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