Retour écrit par Eva Impressions littéraires pour Intrigue chez Virginia Woolf


Roman de 370 pages, paraissant aujourd’hui, le mercredi 23 janvier 2019, oui en auto-édition, (mais que se passe-t-il ? Eva est-elle malade ?)

Comme le firent en leur temps l’autrice avec son mari Léonard Woolf en créant leur propre maison d’édition, afin d’être libres, aussi par peur de répondre « oui » à un éditeur qui voulait la publier, Anne-Marie Bougret préfére pour le moment contrôler les évènements… vous pouvez donc la contacter sur sa page Facebook ou sur son blog https://Bougret.com ou encore par mail am.bougret@orange.fr, pour lui acheter ce roman passionnant qui m’a offert de très belles heures de lecture.

Pour moi je ne pense pas que les bons livres aient leur place sur cette plateforme dont je n’écris plus le nom, mais bien dans une vitrine de librairie à des tarifs normaux. Donc, je souhaite réellement que ce passage sur ce support sera court car ce roman policier historique est formidable et m’a redonné l’envie de lire Virginia Woolf avec un tout autre regard. Aussi sur ma page Eva impression littéraires :

« En tant que femme, je n’ai pas de pays.

En tant que femme, je ne désire aucun pays.

Mon pays à moi, femme, c’est le monde entier. » 

Virginia Woolf « Trois Guinées »

Clara Sainclair, ancienne danseuse, française, vit à Lewes près de Brighton et non loin de la maison « Monk’s House » à Rodmell que Virginia Woolf acheta avec son mari en 1919. Elle fut pour Clara, par ses écrits, un guide tutélaire, une étoile à suivre. Sa fin tragique lui laisse un goût amer et d’inachevé : comment cette écrivaine célèbre, en pleine réussite littéraire, en plein projet, aurait-elle pu se suicider ? La pillule ne passe pas.


Mais autre chose, en ce matin, ne passe pas non plus : la photo en première page du Daily Mail de Peter, son boyfriend, à côté d’un certain Marco Baldoni. De plus Peter est appelé par le quotidien John Leyshon. La terre s’ouvre sous les pieds de Clara qui heureusement est chez son amie Liz. L’article traite du meurtre d’une étudiante ukrainienne, Anastasia Chomsky, suivant les cours d’anglais au collège Saint-Giles que fréquenta jadis Clara. Elle a été étranglée dans sa chambre de l’hôtel Hilton Brighton Metropole. La carte de John, ou plutôt de Peter, a été retrouvée sur les lieux. Tout laisse à penser qu’ils, Peter et Marco, seraient les assassins.

Clara est catastrophée, elle n’a jamais eu de chance dans ses choix amoureux mais là, c’est vraiment le pompon. Elle suit les conseils de Liz, va voir son amie et voisine Sally, octogénaire, grande admiratrice également de Virginia Woolf. Elle réussit à remonter le moral de la jeune femme et la force à regarder au-delà des apparences. Ragaillardie, Clara prend sa mini, se lance sur les routes étroites d’Angleterre et arrive chez Peter à Brighton. Il est bien là, à moitié endormi, elle lui tend le journal pour qu’il le lise mais soudain une vague odeur de gaz la prend au nez, et c’est la déflagration infernale, tout explose, des bris de verre comme autant de rasoirs volent dans la pièce. Ce n’est que la première secousse, la seconde est plus brutale, mais ils arrivent à sortir par l’arrière de la maison non sans avoir récupéré le téléphone de Peter et le sac de son amie. La course poursuite débute alors. Les pompiers et la police arrivent rapidement sur les lieux mais déjà le couple est loin….. Peter raconte alors une étrange histoire à Clara…..

Sally, Liz vont les aider chacune à leur tour ainsi que Matthew Lovestein l’employeur de Peter. Il doit se cacher de Baldoni, des policiers, de Scotland Yard. S’il est emprisonné il sera assassiné sur ordre du mafieux. Il doit s’éloigner.

Clara et Sally restent ensemble et évidemment leurs pensées reviennent immanquablement vers Virginia Woolf : la vieille dame apprend alors à Clara que son oncle fut le jardinier de l’écrivaine. Fait encore plus extraordinaire, Sally l’a bien connue, lui a parlé à maintes reprises et il lui semble la voir et l’entendre encore, tant le charisme de cette romancière courageuse, féministe et avant-gardiste était grand.

Son importance pour la cause féminine et pour la littérature du XX ème siècle est indéniable ; tout cela est entaché par la divulgation par son mari, après sa mort, du problème de sa maladie mentale et de sa fin tragique, son suicide. C’est là que le bât blesse pour les deux femmes. Ça ne colle pas. Les voilà donc dans les pas de leur autrice adorée à la recherche d’une autre vérité…. Elles ne savent pas encore que bien des évènements tragiques vont les frapper, que le danger les guette, et qu’elles sont également épiées et surveillées par une personnalité insoupçonnable.

Deux enquêtes donc en parallèle pour Clara, Peter, Sally. Une remontée dans le temps pour nous à la rencontre de Virginia Woolf entourée de son mari, sa sœur et d’autres artistes du moment.

Anne-Marie Bougret fait revivre tout ce monde, rallume notre intérêt pour la vérité sur les évènements qui se sont déroulés le jour fatidique de la noyade, et dresse un portrait plus lumineux et enjoué de cette écrivaine passionnée et incandescente. Aller toujours au-delà des apparences, repérer les signes, chercher les preuves qui racontent une toute autre histoire.

Pour Clara, ce sera enfin l’occasion de vérifier la véracité de cette phrase de Virginia :  » Ce qui compte, c’est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves. » Un très bon premier roman.

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